petit pincement au coeur... c'était il y a un an, un déchirement, une joie, et puis...
et puis, voilà...
le retour à une vie que je qualifierais de "normale", quitter mon rêve américain et mon petit nuage, atterrissage sur la planète France, température extérieure ne dépassant pas les 19°C et crachin breton au beau fixe, moral en berne... ça c'était il y a un an, aujourd'hui, il fait beau, le soleil est revenu mais ça lui a pris un peu de temps, mais j'ai le sourire.
Il y a un an, température extérieure 35°C, température intérieure 15°C (la clim'), température de mon coeur -40°C, des larmes coulent, elles n'ont pas gelées, lunettes de soleil obligatoires, tant pour le soleil que pour le mascara qui coule, Abbey me fourre une cinquantaine de mouchoirs dans mon sac à main, au revoir aux voisins, au revoir à mes amis, au revoir maison, au revoir à mon quartier, au revoir à ces routes empruntées quotidiennement, au revoir à mon lycée, au revoir au white chocolate moccha de Caribou coffe, au revoir aux oies sauvages, au revoir aux ratons-laveur débiles qui ne sont pas capables de traverser une route, au revoir aux écureuils, au revoir les lacs, au revoir Lake Minnetonka, au revoir à tout ce qui a fait ma vie pendant un an, au revoir Kevin, au revoir Terri, au revoir Talia, au revoir Abbey, au revoir Famille, j'ai les boules...
dernière fois en présence de tant d'étrangers à la fois, on se prend dans nos bras, tristesse commune et partagée, t'as plus de mouchoirs toi, tiens prends j'ai une sacrée provision. On enchaîne clopes sur clopes, cette fumée âpre réconforte un peu, mais le vide est toujours là, pourtant on est toujours sur le sol américain, mais plus pour longtemps, et ça on en est tous conscients. Merci AFS, vous nous avez apporté le plus beau, mais quelle souffrance vous nous apportez aussi... F**k, je chiale
Une nuit en bus jusqu'à Chicago, pas dormi, films débiles, Borat, un étranger débarquant aux US, ironie du sort, nous on se casse, mais ce film nous fait sourire un minimum. Maintenant vivement qu'on prenne l'avion, il n'y a plus que ça à faire.
Un dernier cadeau américain, histoire trop longue à raconter, mais j'ai maintenant un sac fait avec une plaque d'immatriculation du Wisconsin pliée...
Arrivée à Chicago, retrouvailles avec les autres français!!!!! On parlera franglais, on se comprend. Douche commune dans un gymnase, et puis de toute façon on s'en fout, on ne se reverra sûrement jamais, et merde. 6H00, faim ou pas faim, mouais je sais même plus, j'ai mangé, peut-être. Et j'avais bien meilleure dans mon sac, un morceau de tarte à la pêche et aux blueberries, clin d'oeil à mon quatrième jour aux USA, jour de ma rencontre avec le mal du pays, larmes. Des cars s'en vont, embarquant différents pays, ça dure longtemps, on chante entre français, enfin surtout Lucille et moi, Les lacs du Connemara, Femmes des années 80, des classiques... Puis c'est au tour de la France d'embarquer...
L'aéroport, le même qu'au début, avec quelques kilos de bagages en plus (et pas que de bagages, heureusement qu'il ne nous font pas monter sur la balance), j'arrive même pas à porter mes 3 valises, mais niveau poids ça passe, de justesse, mais ça passe, ouf. Attente, dernières dépenses en dollar, bon maintenant allez on rentre, marre d'attendre, fatiguée, pfff....
Dans l'avion, assise, décollage, dernier regard, good bye, farewell, see you later aligator, et dodo pour le tigre, Grumble le tigre est mort (de fatigue) ce soir. Réveil, il reste une heure trente de vol (il y en avait à peu près 9), on approche les côtes normandes, aaaaaaaaah!!!!!!!!! La FRANCE!!!!!!!!!
On descend petit à petit, allez plus vite!!!! Chauffeur si t'es champion... Paris, on est tout près, on est de plus en plus bas, aaaah une twingo!!!!! aaaah une 406!!!!! (et des aaaaaah!!!!! à toutes les voitures!!!!!!!), on tient plus en place!!! Ca fait vraiment bizarre! aaaaaaaah!!!!!!!!
On descend les marches qui nous séparent de notre pays, un, deux, trois, grand saut, on y est. C'est fini. Cette fois c'est sûre. F**k, mais satisfaction d'un certain côté: je l'ai fait, j'ai tenu jusqu'au bout. Victoire sur moi et les aprioris de certains, sentiment de fierté, puis-je? allez oui je me l'accorde, ce que j'ai fait là, c'est bien, et j'en suis fière. Yes!!!!!!!
Puis, une attente trop longue pour récupérer des valises trop lourdes, insultes à l'égard du tapis roulant, et finalement elles arrivent, dernier passage à la douane. Les parents, wahou! C'est un peu pareil que pour les twingos, ça fait: aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! mais en plus long encore.
Test, parler, un deux, un deux, vous m'entendez? Puis viens le moment de ne pas trouver ses mots, inverser nom et adjectif, conjuguer les verbes anglais à la française, parler encore plus que d'habitude avec le nez, ne plus articuler, galérer, un toothpick, un vide verre, tu m'help-eras, ouais ça looks good, répéter Oh my Gosh tout le temps, se remettre à parler français, et surtout à repenser français, torture mentale. Et raconter, raconter l'irracontable, si vous saviez.
Premier repas en France à côté d'un Géant (aaaaaaaah un Géant!!!!!), quoi de plus normal, histoire de redescendre en douceur, vous l'aurez deviné... Un Mc Do. So, je veux a big mac, a cheeseburger, tout ça avec l'accent qui n'est pas là pour faire genre, mais qui est juste une habitude. Oh my gosh, elles sont petites les frites, et ah oui c'est vrai on commande sa boisson, on nous file pas un gobelet et on prend ce qu'on veut autant qu'on veut... Même le DoMc est pas le même ici.
Puis, voiture, après avoir beaucoup parlé, dodo. De la country dans les oreilles, t'es rentrée mistinguette, t'es rentrée, mouais. Puis la Bretagne, Breizh ma bro, et elle m'accueille dans toute sa splendeur, et vu qu'en un an elle n'a pas changé sur ce point... il pleut... fallait pas, c'est trop gentil, merci... Et maintenant repérage des nouveautés, ah ils ont fait un rond-point, ah ils ont repeint leur maison, ah il y a ça, des ah... moins enthousiastes. Prise de conscience avec du concret?
Première nuit, tellement crevée que j'ai dormi sans peine, le matin c'est autre chose, tant pis je ferais une grasse mat', je l'ai bien méritée, et entre rêve et réalité, la réalité est moins dure. Pleure, pleure ma fille, tu pisseras mon après. Allez, descend mange un bout de cette baguette qui t'as tant manquée et puis ça ira. Mouais, je suis pas dupe, et en plus il pleut. Grrrrrr...
Et donc voilà, ça c'est la toute fin du voyage, maintenant vous savez. Sur le blog il manque pas mal de truc genre le mois d'avril, de mai, et de juin, mais ça je ferai plus tard. Demain si j'ai le temps, ce sera peut-être un article bilan de mon année en France. Là il est 3H23, temps de me coucher. Mais il n'y a pas un jour où je ne pense pas à cette aventure, un rien me le rappelle, tout à l'heure on faisait un poker... et ouais, c'est où que j'ai appris le poker??? (you would have been proud of me, I won!!!!!). Allez, on va se coucher petit coeur et cher cerveau, vous êtes un peu à bout là.
Bonne nuit France, merci à tout ceux qui continuent de passer sur ce blog, good night America, I love and miss you so bad, particularly today.